LA SUITE .... Le lendemain matin, elle m'attendait dans la cuisine. Elle avait les traits tirés, comme si elle avait très peu dormi. Lorsque je m'approchai, elle posa doucement sa tasse et prit mes mains dans les siennes.— Théo... j'ai beaucoup réfléchi cette nuit. Et je crois que c'est moi qui ai commis une erreur.Je la regardai, surpris.— Une erreur ?Elle hocha lentement la tête.— Hier, je t'ai dit que tu pouvais aller vivre tout ça avec Charlotte, à condition que ce soit loin d'ici. Sur le moment, je croyais te protéger... et me protéger aussi. Elle inspira profondément avant de poursuivre.— J'accepte depuis longtemps que tu aies cette part de féminité. J'ai fait avec, parce que je t'aime. Elle plongea son regard dans le mien.— Si tu dois explorer cette facette de toi, alors on en parlera ensemble.Puis son expression se fit plus sévère.— En revanche, Théo... il faut aussi que tu ouvres les yeux. Depuis ton retour, tu te comportes de plus en plus comme une femme. Ta façon de marcher, de croiser les jambes, de parler avec les mains... Ce ne sont pas seulement des vêtements ou une épilation. C'est devenu ta manière d'être, et ça, je refuse de faire semblant de ne pas le voir. Nous allons régler ça ensemble.Et elle continua .— Théo, tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu es allé à une réunion pro et tu en reviens épilé comme une femme ? Avec des sourcils de fille ? Et Charlotte a trouvé ça normal ?— Ce n’était qu’une soirée idiote qui a dérapé. Le client a beaucoup ri, il a signé un premier accord… et puis on a tout annulé de toute façon.Elle secoua la tête, visiblement contrariée.— Je t’ai déjà dit que j’acceptais tes tenues féminines… à condition que ça reste privé, discret, et surtout pas visible. Là, tu rentres transformé. Les gens vont remarquer. Qu’est-ce que je suis censée dire aux enfants, aux voisins ?Sa voix montait un peu. Elle n’était pas en colère ouverte, mais clairement mal à l’aise et déstabilisée.— J’espère que c’est vraiment tout. Parce que là… j’ai l’impression que tu me caches quelque chose. Charlotte et toi, pendant deux jours à Toulon… et tout ça ?Je la pris dans mes bras, essayant d’être le plus convaincant possible.— C’était juste une parenthèse stupide qui a mal tourné. Rien de plus. Je suis rentré. Je suis là.Elle se laissa serrer, mais resta tendue. Ce soir-là, elle ne me toucha presque pas. Elle dormit dos tourné, visiblement perturbée.Les jours suivants furent tendus à la maison. Elle observait les changements : la peau trop douce, la démarche parfois un peu trop fluide, les petites habitudes que j’avais prises (crème hydratante, posture). Elle ne posa plus de questions directes, mais les remarques fusaient :— Tu sens la crème pour femme maintenant.— Fais attention à ta voix, on dirait que tu parles plus haut.— J’espère que tu ne comptes pas remettre une jupe ici tant que ça ne sera pas repoussé.Elle n’imaginait pas l’ampleur réelle de ce qui s’était passé à Toulon et à Saint-Tropez. Elle ne devait jamais le savoir. Pour elle, c’était une soirée de beuverie professionnelle qui avait dégénéré en relooking ridicule, rien de plus. Toute autre vérité aurait détruit notre couple.À l’agence, Charlotte et moi reprîmes notre rythme habituel. Seuls tous les deux, nous savions. Parfois, quand la porte était fermée, elle me murmurait à l’oreille :— Ce soir, Théa ? Juste deux heures. J’ai besoin de te voir.Et Théa réapparais ...
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Sí, tengo mas de 18 anos ! No, soy menor de edad

